LA MEDIATION PAR L'ANIMAL,
qu'est ce que c'est ?

Bref historique :
L’homme et l’animal co-existent depuis tout temps. Leur histoire commune est ancienne.
Selon les époques, le rapport de l’homme à l’animal a différé. D’abord vital pour la survie de l’espèce humaine (alimentation) mais aussi craint pour sa dangerosité, l’animal a par la suite été vénéré dans certaines civilisations ou subordonné à l’homme dans d’autres. Sa domestication progressive (déjà vieille de plusieurs milliers d’années) fera de lui un partenaire de vie précieux et utile. S’il a d’abord largement été utilisé pour son aide au travail, l’animal est ensuite devenu un vrai compagnon de vie.
Au 9ème siècle, c’est en Belgique que naîtront les prémices de ce qui deviendra la médiation par l’animal. Dans plusieurs établissements de santé, on confiait des oiseaux aux malades en convalescence afin de les responsabiliser et de leur redonner confiance en eux.
A la fin du 18ème siècle, devant le constat des conditions de vie et de soin délétères des malades mentaux dans les asiles, le Dr Tuke expérimenta de nouvelles méthodes plus humaines et plus douces dans son institut le « York Retreat ». Il proposa à ses patients de s’occuper de poules et de lapins pour apaiser leur quotidien et leurs émotions.
Par la suite, les différentes guerres feront également évoluer l’utilité des animaux qui deviendront des partenaires stratégiques importants. Le chien par exemple sera tour à tour chien de combat, chien-télégraphiste, chien-parachutiste, mais aussi chien-soignant.
En effet, dès 1854, pendant la guerre de Crimée, une infirmière britannique amena des tortues dans l’hôpital pour détendre et réconforter les patients. Cela fut également le cas pendant la première et la seconde guerre mondiale où des animaux étaient régulièrement présents pour leurs effets apaisants.
Dans les années 30, Freud nota rapidement l’intérêt des enfants pour les animaux auxquels ils s’identifient plus facilement qu’aux adultes. Sur la fin de sa carrière, passionné par sa chienne Jofi qu’il qualifiait d’ailleurs de “baromètre émotionnel”, il l’introduisait régulièrement en séance, persuadé que sa présence facilitait l’association libre.
Les premières théorisations sur les pratiques de la médiation par l’animal sont attribuées à Boris Lévinson (pédopsychiatre américain) à la fin des années 50. Il est considéré comme le père-fondateur de la zoothérapie. C’est un peu par hasard, lors d’une séance avec un jeune garçon autiste non-verbal nommé Johnny qu’il observa l’intérêt et les bienfaits de la présence de son chien Jingles sur la communication verbale de son patient, jusque-là mutique. Il chercha alors à développer cette médiation thérapeutique qu’il nomma « pet-oriented child psychotherapy ».
Dans les années 80, de nombreux chercheurs nord-américains ont initié des programmes de zoothérapie, et notamment les psychiatres Sam et Elisabeth Corson. En 1977, ils ont introduit l’animal dans leurs prises en soin en unité psychiatrique et ont constaté des améliorations comportementales significatives et un renforcement de la relation patient/soignant grâce aux animaux.
A la même période en France, le Docteur Condoret (vétérinaire) expérimente également la médiation par l’animal auprès d’enfants présentant des troubles du langage et note des effets thérapeutiques positifs.
Mais ses recherches et les résultats prometteurs observés n’intéresseront que peu le milieu médico-psycho-pédagogique français à cette époque.
L’utilité des chiens notamment se cantonnent alors à l’assistance animalière au profit de personnes porteuses de handicap (chiens-guides d’aveugle, chiens écouteurs pour déficients auditifs, chiens d’assistance pour personnes en fauteuil roulant).
Il faudra encore attendre une vingtaine d’années pour que les pratiques de la médiation par l’animal à visée thérapeutique se développent, en France comme à l’international.
De nombreux corps de métier dans le soin ou dans l’éducatif s’en saisissent maintenant pour porter différemment, plus humainement peut-être, les suivis proposés. Orthophonistes, psychomotriciens, psychologues, médecins, éducateurs, infirmiers, pédagogues accompagnent désormais leurs pratiques de l’animal, dans des domaines aussi divers que l’école, le milieu carcéral, la protection de l’enfance, la délinquance, les personnes âgées, les soins palliatifs, le champ du handicap, le sport de haut niveau, etc.
Quelles soient nommées zoothérapie, thérapie assistée par l’animal ou médiation par l’animal, les pratiques éducatives, pédagogiques et thérapeutiques s’appuyant sur la rencontre avec l’animal se multiplient et s’enrichissent d’année en année...
Intérêts :
Comme nous l’avons vu, l’intérêt des hommes pour l’animal a toujours été. Aide au labeur, compagnon de vie puis partenaire thérapeutique, le sens de sa présence aux côtés de l’homme s’est développé et enrichi progressivement, intuitivement parfois, au gré d’expériences de vie ou d’expérimentations professionnelles singulières. Dès les prémices de la zoothérapie, les retombées positives de la médiation par l’animal ont régulièrement été observées : baisse de l’état de stress, meilleure concentration, communication plus fonctionnelle, diminution de la prise de psychotropes... L’apport de cette pratique fait maintenant l’objet de nombreuses études scientifiques qui corroborent globalement ces premières données même si le consensus n’est pas évident et l’objectivation des bénéfices thérapeutiques complexe. Leurs résultats mettent en avant des bienfaits sur :
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la santé physique (limitation de la récidive des crises cardiaques, diminution de la pression artérielle, hausse de l’activité physique, hausse de la libération d’endorphines qui réduisent le stress et la sensation de douleur...)
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mais aussi sur la santé mentale (hausse de de la confiance en soi et de l’estime de soi, réduction des symptômes dépressifs ou anxieux, amélioration des fonctions cognitives : aide au repérage spatio-temporel, hausse de l’attention et de la mémorisation..)
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ou sur la santé sociale (catalyseur social, hausse de l’empathie, baisse du sentiment d’isolement, renforcement des compétences psychosociales...).
S’il n’est ni un médicament, ni un thérapeute à lui seul, l’animal porte la relation de soin et favorise les évolutions positives.
Les séances de médiation par l'animal ne dispensent pas de suivis et/ou traitements médicaux si nécessaires.